Le Prix Kourouma 2017
Le Prix Ahmadou Kourouma 2017 a été attribué à l’écrivain camerounais Max Lobe pour son roman Confidences (Zoé).
La cérémonie de remise a eu lieu vendredi 28 avril à 16h sur la scène du Salon africain en présence de Julien Kourouma et du président du jury Jacques Chevrier.
Dans un récit aussi éloigné du dolorisme que de la nostalgie, l'auteur de 39 rue de Berne prend le large et revisite l'histoire de son pays natal, le Cameroun, à l'aube des Indépendances. Une vieille femme, témoin de cette période troublée accompagne et guide le narrateur : Ma Maliga. Incarnation de la sagesse, cette figure digne d'un conte joue le rôle d'intercesseur : par le mérite d'une écriture au plus près du parler populaire, mais sans affectation ni exotisme, au gré d'une déambulation agrémentée par de larges rasades de vin de palme, se révèle peu à peu l'épopée de Ruben Um Nyobè, figure révolutionnaire qui, encore aujourd'hui, fait l'objet de silences embarrassés.
Né à Douala en 1986, Max Lobe grandit dans une famille de 7 enfants. Il arrive en Suisse à l’âge de 18 ans, deux ans après l’obtention de son Bac. À Lugano, il suit des études de Communication et journalisme. Passionné d’histoire et de politique, il suit un Master en Politique et Administration publique à l’Institut des Hautes Etudes en Administration Publique de Lausanne.
En 2009 le Prix de la Sorge (prix littéraire de l’Université de Lausanne) lui est remis pour sa nouvelle Le Baccalauréat. En 2011, il publie un récit, L’enfant du Miracle aux éditions des Sauvages. En janvier 2013, c’est 39 Rue de Berne aux éditions Zoé, qui a reçu en 2014 le Prix du Roman des Romands (l'équivalent suisse du Goncourt des lycéens). En 2014 sort La Trinité bantoue, suivie en 2016 de Confidences, sur l'histoire de l'indépendance du Cameroun et de sa guerre cachée.
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Lauréats du Prix Kourouma :
2004 Esther Mujawayo et Souâd Belhaddad, pour Survivantes. Rwanda, dix ans après le génocide (éditions de l’Aube)
2005 Tanella Boni, pour son roman Matins de couvre-feu (éditions du Serpent à plumes)
2006 Koffi Kwahulé, pour son roman Babyface (éditions Gallimard)
2007 Sami Tchak, pour Le Paradis des chiots (éditions Mercure de France)
2008 Nimrod, pour Le Bal des princes (éditions Actes Sud)
2009 Kossi Efoui, pour Solo d’un revenant (éditions du Seuil)
2010 Florent Couao-Zotti, pour son polar Si la cour du mouton est sale, ce n’est pas au porc de le dire (éditions du Serpent à plumes)
2011 Emmanuel Dongala pour son roman Photo de groupe autour du fleuve (éditions Actes Sud)
2012 Scholastique Mukasonga pour son roman Notre dame du Nil, (éditions Gallimard collection Continent noir)
2013 Tierno Monénembo pour son roman Le terroriste noir (éditions du Seuil)
2014 Mutt-lon, alias Daniel Alain-Nsegbe, pour son roman Ceux qui sortent dans la nuit (éditions Grasset)
2015 Mohamed Mbougar Sarr pour son roman Terre ceinte (Présence Africaine Editions)
2016 Beyroukpour son roman Le tambour des larmes (éditions Elyzad)
2017 Max Loebe pour son roman Confidences (éditions Zoé)
Le Prix Ahmadou Kourouma, soutenu par la Direction du Développement et de la Coopération suisse (DDC), par l’Organisation Internationale de la Francophonie et par Le Monde Afrique, récompense un ouvrage, un essai ou une fiction consacré à l’Afrique noire, et dont l’esprit d’indépendance, de lucidité et de clairvoyance s’inscrit dans le droit fil de l’héritage légué par le grand écrivain ivoirien.
